Mines : 206 milliards de dollars de capitalisation boursière gagnés en deux semaines
La capitalisation boursière cumulée des cinquante plus grandes sociétés minières mondiales a bondi de 2 169 à 2 375 milliards de dollars depuis le début du mois d’août, soit un gain de 206 milliards de dollars en sept séances, l’équivalent de trois fois la valeur de Barrick, porté par la hausse des cours des métaux et plaçant le secteur minier nettement en tête des géants technologiques depuis le début de l’année. Sur ce total, 108 milliards de dollars proviennent des seuls cours de l’or et de l’argent, le lingot ayant franchi les 4 500 dollars l’once à New York.
Ce rebond reste toutefois partiel : après un pic à 2 748 milliards de dollars fin février, le secteur avait perdu 420 milliards en un seul mois en mars suite à l’effondrement de l’or, et demeure encore 14 % en dessous de son niveau de février malgré ses meilleures séances depuis des années. Ce sont surtout les métaux de base qui ont porté la dynamique d’août : les sociétés cuprifères et diversifiées affichent une progression de 246 milliards de dollars depuis janvier (+24 %), contre seulement 18 milliards pour les valeurs aurifères et argentifères (+2,6 %), huit des dix-huit sociétés de métaux précieux du classement affichant même un recul depuis le début de l’année, notamment Lundin Gold (-21,1 %) et Shandong Gold (-19,9 %), tandis que Glencore, South32, Southern Copper, Teck, Freeport et KGHM profitent pleinement de la flambée du cuivre sur le Comex.
Parmi les valeurs individuelles, Newmont et Agnico Eagle ont engrangé respectivement 22,5 et 17,9 milliards de dollars depuis fin juillet, tandis que Barrick a suivi la tendance inverse, pénalisé par des résultats trimestriels décevants et un accord à l’amiable de 1,95 milliard de dollars dans son différend avec Newmont au Nevada. Freeport se rapproche des 100 milliards de dollars de capitalisation, porté paradoxalement par une production limitée liée aux réparations de son usine indonésienne, un phénomène similaire à celui observé chez Ivanhoe en RDC ou Codelco, dont les difficultés de production soutiennent artificiellement les cours.
À plus grande échelle, l’article souligne un déséquilibre persistant entre les sept géants miniers historiques, qui pèsent 23 400 milliards de dollars à eux seuls, et l’ensemble des cinquante autres sociétés du classement, dont la capitalisation cumulée reste inférieure à 2 400 milliards, un rapport de force qui rappelle, en creux, la domination toujours écrasante des géants technologiques sur les marchés mondiaux.