Économie

Burkina Faso : Raffinor-BF inaugurée, reste à sécuriser l’approvisionnement en or

La Rédaction • • 2 min
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Près de trois ans après la pose de sa première pierre, le Burkina Faso a inauguré ce lundi 28 septembre 2026 sa toute première raffinerie d’or, Raffinor-BF, dotée d’une capacité d’affinage de 150 tonnes par an et désormais détenue à 100 % par la SONASP après le rachat des titres initialement portés par le partenaire malien Marena Gold, qui avait lancé le projet en novembre 2023. D’un coût estimé à 7 milliards de FCFA hors valeur foncière selon l’ITIE-Burkina Faso, l’installation vise une pureté de 99,99 % et devra s’approvisionner à la fois auprès de l’exploitation industrielle et artisanale nationale qui a dépassé 94 tonnes en 2025, dont près de 43 tonnes issues de l’artisanat ainsi que, potentiellement, par le biais d’importations.

Le véritable défi reste désormais de garantir un flux régulier de matière première : le Code minier de 2024 impose déjà aux titulaires de permis industriels de transformer une partie de leur production sur le territoire national, une obligation précisée par un décret d’avril 2025 dont la proportion exacte doit encore être fixée par arrêté ministériel, à l’image de l’accord conclu par le Ghana depuis juillet 2026 pour racheter 30 % de la production de ses mineurs industriels.

Si les pays voisins pourraient constituer une source d’approvisionnement complémentaire, cette option se heurte à l’émergence de plusieurs projets de raffinage concurrents dans la région, portés notamment par la Guinée, le Mali et la Côte d’Ivoire. La Guinée ambitionnant elle-même de devenir un pôle régional avec sa future Nimba Gold Refinery, dont la capacité annoncée pourrait atteindre plus de 500 tonnes par an.

Plusieurs précédents illustrent la difficulté d’un tel pari industriel : au Ghana, la Gold Coast Refinery est longtemps restée sous-exploitée avant l’accord conclu avec le Ghana Gold Board, tandis qu’en Afrique du Sud, le recul de la production nationale a contraint Rand Refinery à diversifier ses sources d’approvisionnement à l’étranger. Pour le Burkina Faso, la mise en service de Raffinor-BF ne marque donc que le début d’un chemin dont l’issue dépendra de sa capacité à mobiliser durablement les volumes nécessaires, dans un contexte de prix de l’or toujours élevés, plutôt favorable à ce nouveau pari industriel.

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