Économie

Vietnam : une affaire de diamants frelatés plonge les bijoutiers dans la crise

La Rédaction 3 min
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Le quartier des bijoutiers d’Hô-Chi-Minh-Ville, habituellement animé, s’est considérablement calmé après la découverte de ce qui pourrait être le plus important réseau de contrebande de diamants jamais démantelé au Vietnam. Selon les enquêteurs, plus de 30 000 pierres – d’une valeur estimée à 57 millions de dollars – auraient été introduites clandestinement dans le pays au cours des deux dernières années, dissimulées dans des bagages ou des vêtements après avoir transité par l’Inde puis Hong Kong. Dans certains laboratoires, les inscriptions laser d’origine du Gemological Institute of America auraient été effacées puis remplacées par de fausses certifications surévaluant la qualité des pierres, permettant de les revendre à des prix gonflés. Résultat : des clients comme Thanh Hang, inquiète pour sa bague expertisée par un laboratoire visé par l’enquête, peinent désormais à obtenir remboursement ou réponse claire de la part des bijoutiers concernés.

L’affaire a rapidement pris une ampleur sectorielle, touchant deux grandes enseignes du pays. Phu Nhuan Jewelry (PNJ), premier joaillier coté du Vietnam, assure qu’aucune pierre frauduleuse n’a intégré son réseau, rejetant la responsabilité sur son ancien directeur de la certification arrêté par la police – tout en reconnaissant une « crise pour l’ensemble du secteur » qui a fait fondre près de la moitié de sa valeur boursière. Saigon Jewelry Co. (SJC) est également sous pression après l’arrestation de quatre personnes liées à un réseau ayant fourni plus de 3 400 diamants de qualité inférieure à ses points de vente entre 2022 et 2024, sans toutefois réagir publiquement. Une inspection d’un mois portant sur l’ensemble du marché des pierres et métaux précieux doit débuter en août, tandis que plusieurs bijouteries, dont Kim Ly Gold Shop, ont temporairement fermé.

Pour un pays où les diamants restent un symbole de richesse ancré dans une histoire marquée par la guerre et une confiance limitée envers les actifs financiers, la crise ébranle profondément la confiance des consommateurs. Certains, comme l’agent immobilier Thanh Dat, tentent désormais de revendre leurs bijoux directement sur les réseaux sociaux plutôt que via les circuits traditionnels. Des professionnels du secteur, comme Huynh Trung Khanh de l’Association vietnamienne des négociants en or, réclament la création d’un organisme de certification indépendant pour restaurer la transparence, tandis que la multiplication des diamants synthétiques – difficiles à distinguer des pierres naturelles même par des experts – complique encore davantage la tâche des bijoutiers et des autorités.

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