Terres rares : le Japon mise sur l’Afrique pour réduire sa dépendance à la Chine
Toyota Tsusho, maison de commerce du groupe Toyota déjà bien implantée en Afrique via sa filiale de distribution CFAO, franchit une nouvelle étape en s’engageant directement dans l’exploitation minière du continent. L’agence japonaise JOGMEC a annoncé jeudi 30 juillet un investissement pouvant atteindre 5,5 milliards de yens (environ 33,8 millions de dollars) dans TJ Namibia Rare Earths Corporation, la structure créée en juin par Toyota Tsusho pour développer le gisement namibien de terres rares de Lofdal. JOGMEC, qui finançait déjà ce projet depuis 2020 aux côtés de la société canadienne Namibia Critical Metals, a transféré une partie de ses droits à Toyota Tsusho, entré au capital en mars dernier.
Le site de Lofdal, situé dans la région de Kunene, recèle du dysprosium et du terbium, des terres rares lourdes essentielles à la fabrication des aimants permanents utilisés notamment dans les moteurs automobiles – un savoir-faire que Toyota Tsusho maîtrise déjà à travers ses activités de raffinage. Ce projet, présenté par JOGMEC comme le premier développement japonais d’une mine de terres rares en Afrique, s’inscrit dans la stratégie de diversification des approvisionnements menée par Tokyo face aux restrictions chinoises sur ces matériaux stratégiques.
Si aucun contrat ne lie formellement ce gisement aux besoins de Toyota, une décision finale sur la commercialisation du projet est attendue d’ici fin mars 2027, avant que financement et construction ne déterminent la capacité de Lofdal à devenir une source pérenne d’approvisionnement pour le Japon.