Marchés : l’or et l’argent bondissent malgré l’escalade au Moyen-Orient
L’or a connu une séance particulièrement mouvementée ce mercredi, passant sous les 4 000 dollars l’once pour la première fois depuis la mi-juillet, avant de se redresser nettement dès l’annonce de la Réserve fédérale. Le contrat Comex le plus actif est descendu jusqu’à 3 993,80 dollars en matinée, porté par une probabilité de marché supérieure à un tiers d’une hausse de taux, avant de remonter à 4 080,80 dollars en fin d’après-midi à New York, soit près de 90 dollars au-dessus de son plus bas du jour. L’argent a connu un rebond encore plus marqué, son contrat de septembre progressant de 2,2 % pour atteindre 58,78 dollars l’once, s’éloignant de son point bas de l’année à 55,50 dollars.
Ce sursaut fait suite au maintien par la Fed de sa fourchette de taux entre 3,5 % et 3,75 %, une cinquième décision consécutive dans ce sens, mais obtenue avec un vote clivé de 9 voix contre 3 : trois présidents régionaux de la Fed ont plaidé pour un relèvement immédiat, une dissidence rare et scrutée de près par les marchés depuis que Kevin Warsh a abandonné les indications prospectives. La banque centrale justifie sa position par une inflation jugée toujours élevée, en partie liée aux chocs sur les prix de l’énergie. Fait notable, cette prudence de la Fed a persisté malgré une actualité géopolitique explosive : tirs de missiles iraniens sur une base américaine en Jordanie, frappes américano-saoudiennes en Irak et menaces de riposte du président Trump, qui ont fait bondir le Brent au-dessus de 90 dollars et le WTI de plus de 7 %.
Sur le plan des valeurs minières, la tendance a globalement suivi le rebond de l’or : Newmont, Barrick, Wheaton Precious Metals et Franco-Nevada ont toutes terminé en hausse, tandis que Fresnillo a effacé une grande partie de ses pertes matinales. Allied Gold fait figure d’exception marquante, avec une chute de 19 % à Toronto après l’échec de son rachat par le chinois Zijin Gold, qui a toutefois pris une participation de 9,2 % dans la société. Au-delà de cette séance, l’or reste en repli de 5,5 % depuis le début de l’année et près d’un quart sous son record de fin janvier, illustrant un basculement où la crainte inflationniste semble désormais peser plus lourd que la recherche de valeurs refuges. L’argent, malgré une chute de plus de 40 % depuis son sommet de janvier, conserve pour sa part une progression annuelle supérieure à 50 %.