Guinée : Karamo Kaba justifie le taux de 11 % de l’emprunt obligataire de l’État
Le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Karamo Kaba, a défendu le taux d’intérêt annuel de 11 % appliqué à l’emprunt obligataire lancé par l’État le 25 septembre 2026. Initialement fixé à 2 500 milliards de francs guinéens, l’objectif de mobilisation a été dépassé, avec un montant total de 4 579 milliards GNF recueillis sur une échéance de cinq ans.
Pour le responsable de la BCRG, cette participation traduit l’intérêt des investisseurs guinéens pour le placement, dont le rendement dépasse le taux d’inflation, estimé à 5,2 %. Il rappelle également que le coût de cet emprunt a diminué au fil des années, passant de 14 % il y a trois ans à 12,5 % en 2024, puis à 11 % en 2026, dans un contexte de baisse des taux directeurs de la Banque centrale.
Face aux critiques d’économistes qui jugent ce taux élevé par rapport à ceux pratiqués dans certains pays de la sous-région, notamment le Sénégal et la Côte d’Ivoire, Karamo Kaba souligne les différences entre les environnements monétaires et les risques associés à chaque marché. Il estime que la rémunération proposée doit tenir compte notamment du risque de défaut, de l’inflation et du réinvestissement.
Le gouverneur affirme par ailleurs que les fonds mobilisés proviennent principalement d’une épargne constituée depuis longtemps, plutôt que de dépôts récents susceptibles de réduire directement les liquidités disponibles pour les entreprises. Il compare les 4 579 milliards GNF recueillis aux 93 000 milliards GNF de ressources détenues par les banques, tout en évoquant le potentiel du secteur informel.
Karamo Kaba considère que les difficultés d’accès au financement en Guinée sont également liées aux questions de sécurisation des droits de propriété et au fonctionnement de la justice, qui influencent les décisions des banques. Il préconise notamment la mise en place d’un identifiant bancaire unique pour les entreprises et les particuliers, afin de mieux évaluer les profils des emprunteurs et d’adapter les conditions de crédit aux risques présentés.
Il précise enfin que les fonds issus de l’emprunt sont destinés au financement d’investissements publics, notamment dans les routes et les hôpitaux, et non aux dépenses courantes de l’État. Pour le gouverneur, cette opération doit contribuer à installer une pratique régulière de financement de l’État sur le marché financier national.