Exonérations fiscales : le parlement guinéen préoccupé par une saignée financière de plus de 15000 milliards Gnf
L’examen du volet recettes du Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 a conduit l’Assemblée nationale à interpeller le gouvernement sur la mobilisation des ressources publiques. Dans son rapport, élaboré à l’issue de plusieurs semaines de consultations avec les départements ministériels, la Banque centrale et différentes institutions, le Parlement formule 23 recommandations visant à améliorer la collecte des recettes et la gestion des finances publiques.
Les députés estiment que les progrès économiques enregistrés doivent s’accompagner de retombées concrètes pour les populations. Les exonérations fiscales figurent parmi les principales préoccupations soulevées par les parlementaires. D’après les données examinées, les exonérations douanières ont représenté près de 11 793 milliards de francs guinéens en 2025. En tenant compte d’autres dépenses fiscales recensées en 2026, le manque à gagner pour l’État dépasserait 15 000 milliards de francs guinéens.
Face à ces pertes, les élus préconisent une révision de certaines dispositions du Code minier et du Code des investissements afin de mieux encadrer les avantages accordés aux entreprises et d’en mesurer les bénéfices pour l’économie nationale. Le rapport met également en évidence des insuffisances dans le contrôle des exportations minières, notamment en raison du manque d’équipements adaptés pour mesurer les quantités et vérifier la qualité des minerais.
Les députés souhaitent renforcer les dispositifs de contrôle et revoir la fiscalité applicable à l’or artisanal, en privilégiant une taxation fondée sur la valeur réelle du métal. Ils demandent par ailleurs une meilleure récupération des créances fiscales impayées, le respect des textes en vigueur par les institutions publiques et une plus grande transparence dans la gestion des ressources de l’État.
Au-delà de ces recommandations, l’Assemblée nationale appelle les autorités à traduire les mesures proposées en actions concrètes. L’objectif est d’accroître les recettes nationales, de limiter les pertes fiscales et de mieux orienter les ressources mobilisées vers le financement du développement. La mise en œuvre de ces réformes constituera un enjeu important pour renforcer la capacité de l’État à tirer davantage de revenus de l’activité économique et minière du pays.