Transformation locale de la bauxite : le Ghana suit la Guinée et prépare ses projets de raffinage
Le Ghana entend développer la transformation locale de sa bauxite afin de réduire les exportations de minerai brut et de construire une filière industrielle intégrée. Lors de l’ouverture de la conférence Mining in Motion 2026, le 19 octobre à Accra, le président John Mahama a réaffirmé cette orientation, alors que la Guinée, premier producteur mondial de bauxite, a déjà engagé de nouveaux projets de raffinage portés notamment par SPIC et Winning Consortium Alumina Guinea (WCAG).
Le Ghana, qui ne possède actuellement aucune raffinerie d’alumine, exporte la production de sa mine d’Awaso. Les autorités envisagent la construction d’au moins deux unités, pour une capacité cumulée de 4 à 6 millions de tonnes d’alumine par an. À Awaso, Ghana Bauxite Company a lancé en juillet une étude de préfaisabilité pour évaluer la viabilité d’une première raffinerie, sans calendrier de réalisation annoncé. Un autre partenariat, conclu en 2026 entre la Ghana Integrated Aluminium Development Corporation et Metalloid Resources Investment, prévoit un financement de 60 millions de dollars pour développer des gisements de bauxite dans la zone de Nyinahin, mais la part destinée à une éventuelle raffinerie reste à préciser.
Accra souhaite également renforcer la Volta Aluminium Company, une fonderie publique en activité depuis 1967 qui importe encore l’alumine nécessaire à sa production, et envisage de moderniser ses installations. L’objectif est de relier extraction, raffinage et production d’aluminium, tout en développant les infrastructures énergétiques et logistiques nécessaires. Le gouvernement vise par ailleurs l’arrêt des exportations de minerais bruts d’ici 2030.
La concrétisation de cette stratégie dépendra notamment des résultats des études en cours, de la mobilisation des financements et du lancement effectif des chantiers, dans un contexte où la Guinée a déjà commencé à faire avancer plusieurs projets de raffineries.