Or guinéen : fini l’exportation brute, place au raffinage local et à la traçabilité numérique
Le ministère guinéen des Mines et de la Géologie a fixé, dans deux arrêtés lus ce soir à la télévision nationale, un nouveau cadre réglementaire pour la filière aurifère, imposant désormais que l’ensemble de l’or issu des concessions industrielles, semi-industrielles et des exploitations artisanales mécanisées soit obligatoirement acheminé vers des raffineries agréées implantées sur le territoire nationalde.
Cedtte décision vise à capter la valeur ajoutée localement tout en garantissant aux déposants la préservation de leur droit de propriété sur leur minerai, à travers des contrats clairs encadrant les opérations de fonte et d’affinage. Pour accompagner cette réforme et lutter contre la contrebande, l’État déploie la Plateforme Intégrée Nationale de Traçabilité de l’Or (PINTO), qui attribue à chaque lot d’or extrait un identifiant unique permettant un suivi de bout en bout, de la mine jusqu’au marché final.
L’accès au marché aurifère guinéen exige désormais le respect des standards de diligence raisonnable de l’OCDE et de la London Bullion Market Association (LBMA), notamment la preuve que l’or ne provient pas de zones de conflit et ne contribue ni au blanchiment de capitaux ni au financement du terrorisme.
La gestion technique de la PINTO a été confiée à l’Office Guinéen d’Expertise, d’Évaluation et de Certification (OGED), sous la supervision d’un comité de pilotage interinstitutionnel présidé par le Secrétaire général du ministère des Mines et associant la Banque Centrale (BCRG), la Direction générale des Douanes, la Brigade anti-fraude et le Laboratoire National de Géologie.