Raffinage local de bauxite : la Guinée frappe à la porte de Washington
Après plusieurs années portées par l’accélération de la production de bauxite, la Guinée amorce un nouveau virage dans sa filière : celui de la transformation locale, avec un intérêt désormais affiché pour un soutien financier américain. Le ministère des Mines a annoncé lundi 21 septembre la tenue de récentes discussions aux États-Unis sur l’implication potentielle de la DFC et de l’Exim Bank dans le projet de raffinerie de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), une démarche qui vient compléter la stratégie guinéenne de renforcement de ses capacités de raffinage, jusqu’ici largement portée par des capitaux chinois via SPIC, Winning Consortium Alumina Guinea (WCAG) et Chalco, chacun ayant annoncé des projets d’usines d’alumine de l’ordre du milliard de dollars.
Coentreprise détenue à 49 % par l’État guinéen aux côtés du groupe américain Alcoa et de l’australo-britannique Rio Tinto, CBG a annoncé fin août son ambition de lancer les travaux de sa propre raffinerie d’ici fin 2026, sans toutefois préciser à ce stade le financement mobilisé ni l’apport exact attendu des deux agences fédérales américaines.
Selon CBG, ces discussions se sont tenues le 18 septembre en marge d’une conférence internationale sur les minéraux critiques, réunissant Christopher Kulukundis, sous-secrétaire d’État américain adjoint par intérim pour l’Afrique australe, et le ministre guinéen des Mines, Bouna Sylla, un échange qui n’est pas sans précédent, puisque la DFC, alors dénommée OPIC, avait déjà accordé à CBG un prêt de plus de 795 millions de dollars en 2016 pour soutenir l’expansion de sa mine de Sangarédi.
Reste à savoir si cette relation se prolongera sur le volet du raffinage, dans un contexte où Washington cherche à renforcer sa présence dans le secteur des minerais critiques africains face à une Chine déjà bien implantée, alors que Conakry explore parallèlement avec les États-Unis un partenariat plus large dans ce domaine.